Photographies du monde, des hommes et de la musique

 ARCHIVES

Liane d'Ayahuasca. Amazonie - Région de San Martin - Pérou, 2011


Plante sacrée pour de nombreuses communautés amérindiennes (comme le sont la plupart des plantes par ailleurs), cette liane géante communément appelée Ayahuasca (Banisteriopsis Caapi) est un élément fondamental dans la préparation de la médecine qui porte son nom.

Utilisée depuis toujours par les guérisseurs amérindiens, principalement dans les cultures amazoniennes, ce breuvage est un savant mélange de plusieurs plantes dont l'Ayahuasca et la Chacrona (Psicotria Viridis) . Cette dernière contient une molécule appelée DMT (Dyméthyltyiptamine), une substance psychotrope puissante, également produite à des taux très faibles et de manière naturelle par le cerveau humain.

L'Ayahuasca, qui contient des inhibiteurs de monoamine oxydase, va permettre au corps humain d'ingérer oralement la DMT contenue dans la Chacrona et d'expérimenter les propriétés enthéogène de la préparation. En effet il ne s'agit pas "simplement" d'effets hallucinogènes, un terme trop réducteur, mais bien d'un "voyage de l'âme".

Accompagnées de diètes précises et adaptées à chaque plante, ces médecines traditionnelles et en particulier l'Ayahuasca sont à la fois des remèdes aux maux physiques et psychologiques mais également, à travers les esprits des plantes, la source d'une meilleure compréhension du monde.

Ce savoir-faire ancestrale témoigne d'une impressionnante connaissance des plantes, une richesse inestimable, soigneusement transmise de génération en génération par les peuples amazonien.

Un livre très intéressant pour en savoir plus sur la DMT


Tempas, cultive le Rooibos dans le Bokkeveld - Afrique du Sud, 2009


A un peu plus de 60 ans, Tempas est membre de la coopérative Heiveld située dans la région du Bokkeveld à 400 km au nord de Cape Town, qui regroupe 57 petits agriculteurs cultivant une plante endémique de la région : le Rooibos.

Ce sanctuaire "mégadivers" (il y a plus de biodiversité sur les hauts plateaux du Bokkeveld que dans tout le bassin amazonien) est l'unique lieu de la planète où cette espèce, appartenant à la formation végétale fynbos ("buisson fin" en afrikaans), est en mesure de se développer.

A la fin de l'Appartheid en 1991 et dans la continuité de la réforme agraire qui visait à redistribuer les terres aux producteurs noirs, des agriculteurs Khoisans (ethnie à laquelle appartient Tempas) de la région du Bokkeveld se sont regroupés afin de sauvegarder la culture traditionnelle du Rooibos, protéger la biodiversité et préserver les champs de Rooibos sauvage.

En face d'eux, de grands propriétaires blancs à la tête de plantations de  plusieurs milliers d'hectares usant et abusant de pesticides et d'engrais chimiques, exploitant bien souvent les ouvriers agricoles noirs, viennent concurrencer directement le modèle d'agriculture durable et respectueux de l'écosystème développé par les petits agriculteurs locaux.

J'ai passé trois jours avec Tempas qui m'a montré la façon traditionnelle de récolter et préparer le Rooibos, emmené découvrir les peintures rupestres des premiers peuples de la région, présenté son chien Fluffy, fait partager son quotidien et montré les photographies de son récent mariage !

La société Alter Eco, spécialisée dans les produits du commerce équitable et de l'agriculture biologique a créé un partenariat avec ces producteurs et vous pouvez trouver en France, le Rooibos( thé rouge) récolté par Tempas !

Un document intéressant : The Sustainable Harvest of Wild Rooibos


Cabosse de cacao Criollo, dans la région de l'Alto Huayabamba - Pérou, 2009


Le Criollo, réputé pour être le meilleur cacao de la planète, représente moins de 5% de la production mondiale. On le trouve exclusivement en Amérique Latine dont il est originaire (Vénézuela). Cette photo a été prise lors d'une rencontre avec des producteurs de cacao de la région amazonienne à l'est du Pérou en janvier 2009.

Ces agriculteurs, accessibles uniquement par le fleuve Huayabamba, se sont convertis à la culture du cacao il y a une dizaine d'années, délaissant la récolte de la coca et s'affranchissant ainsi de tout lien avec les narcotrafiquants auxquels ils vendaient la PBC : pâte base cocaïne, obtenue par extraction des alcaloïdes contenus dans les feuilles de coca.

Bien que non "aboutie" et préparée notamment en utilisant du kérosène en guise de solvant, cette base est largement consommée dans les milieux les plus défavorisés.

La culture du cacao en agroforesterie via des méthodes d'agriculture biologique, propice dans la région, représente une alternative viable de développement pour les populations locales. Rappelons que la coca elle-même n'est pas une drogue, c'est une plante comme une autre avec ses propriétés particulières et ses vertus.

Un livre très intéressant : Etat des drogues, drogues des Etats, aux éditions Hachette, 1994 (Ean : 9782012787018)

Kamakshi, élève de la Kalkeri Sangeet Vidyalaya dans le Karnataka - Inde, 2006

Fondée en 2002 par l'association Jeunes Musiciens du Monde basée à Québec, la Kalkeri Sangeet Vidyalaya située dans la région de Dharwad, accueille une centaine d'enfants de 4 à 18 ans. L'école dispense un enseignement académique de qualité et des cours animés par des musiciens talentueux de la région tels que le joueur de sitar Ustad Hameed Khan.

Au delà de l'enseignement musical et académique, les pensionnaires - souvent issus des classes les plus défavoriées de la population locale - sont gratuitement hébergés, nourris et ont accès aux soins de santé.

Kamakshi a 5 ans à cette époque, elle est en "low kindergarten" (petite section) et suit des cours de chant tous les matins. Grâce à l'association, elle pourra suivre un cursus académique complet tout en devenant un véritable gardien de la musique classique hindustani. 

L'association Jeunes Musiciens du Monde a pour objectif de fournir un accès gratuit à l'enseignement et à la pratique des musiques traditionnelles, aujourd'hui à Québec et en Inde. Et demain...

Pour en savoir plus :

www.jeunesmusiciensdumonde.org